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PrÉSentation

  • : Geologie, Sortie sur le terrain, Stage de terrain
  • : Les articles qui seront publiés sur ce Blog de l'IDGT seront destinés à fournir des informations pour tous ceux qui désirent faire ou organiser des sorties géologiques sur le terrain.
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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 14:23

Le groupe s'installe sous l'abri d'Orly-Bus pour un topo sur la géologie de Paris à l'aide de la carte géologique simplifiée de Paris distribuée aux participants (photo Corinne).

Le rendez-vous était fixé à 10h30 Place Denfert-Rochereau au café Lakanal.

Malgré un temps maussade, cette balade a réuni un grand nombre de participants motivés .

A 10h30 sous une petite bruine, les 30 participants se sont réunis  sous l'abri d'Orly-Bus.

Un commentaire générale sur la géologie de Paris à l'aide de la Carte Géologique de Paris a permis à B. Cabanis de replacer la géologie du XIV° dans son contexte et d'expliquer la présence des Catacombes situées à 20m sous terre dans d'anciennes carrières souterraines de calcaire grossier.

Ce calcaire grossier qui s'est déposé il y a 45 millions d'années dans une mer chaude a permis de définir en région parisienne l'étage Lutétien dont une coupe de la partie inférieure a pu être dressée dans les Catacombes au niveau du puits appelé "Bain de pieds des carriers" Ce puits atteint le niveau de la nappe phréatique de la Seine. 

Cette carte géologique simplifiée montre les grands niveaux géologiques parisiens depuis la craie jusqu'à la Meulière de Beauce.  Le gypse de Montmartre a été exploité dans le nord de Paris (Montmartre, Buttes Chaumont) tandis que le calcaire grossier a été très exploité sur la rive gauche et vers le Trocadéro. 

Le groupe s'est ensuite rendu dans le square Nicolas-Ledoux  pour une histoire de la place Denfert-Rochereau depuis la construction du mur des Fermiers Généraux de 1785 à 1787 qui entourait Paris sur 23 km avec 54 barrières d'octroi réalisées par Nicolas Ledoux.  La Barrière D'Enfer dont les deux pavillons d'octroi ont été conservés et récemment rénovés constituait une des limites sud de Paris, la place portait alors le nom de place d'Enfer. 

Dans le square Nicolas Ledoux, monument en hommage à Ludovic Trarieux, fondateur de la ligue des droits de l'homme. La sculpture utilise un calcaire particulier extrait dans le Jurassique moyen de Chauvigny dans le Poitou, le calcaire oolithique formé de petites sphères millimétriques bien visibles à la loupe et qui correspondent à des concrétions calcaires d'origine bactériennes dans des milieux marins chauds agités. 

Sur la photo en arrière plan l'important pavillon d'octroi ouest qui a abrité le pc souterrain du colonel  Rol Tanguy, chefs des résistants lors de la libération de Paris par la 2° DB du Général Leclerc. Aujourd'hui on y a installé le musée de la Libération de Paris et de la Résistance.

Le groupe dans le square Nicolas Ledoux

Ce n'est qu'en 1879 que la place d'Enfer sera rebaptisée Place Denfert Rochereau en hommage à la résistance héroïque du Colonel Denfert-Rochereau à Belfort face aux prussiens durant la guerre de 1870. Le lion situé au centre de la place est une réplique au 1/3 du lion de Belfort sculpté par Bartholdi.  

Le lion de Belfort en hommage à la résistance héroïque du Colonel Denfert-Rochereau à Belfort face aux prussiens durant la guerre de 1870. Le socle est construit en calcaire à entroques (Crinoides) provenant d'Euville dans la Meuse (détermination Vincent Hofer à ses risques et périls...!) 

Le pavillon d'octroi côté est  intègre l'entrée des Catacombes et a longtemps été le siège de l'Inspection Générale des Carrières créée le 4 avril 1777 par Louis XVI.

L'IGC fut chargée de dresser un plan détaillé des anciennes carrières souterraines et d'entreprendre leur confortation. La tâche en fut confiée à Charles-Axel Guillaumot, premier Inspecteur Général des Carrières. 

 

 

Devant le pavillon Ledoux côté Est, ancienne entrée des catacombes et de L'Inspection Générale des Carrières

C'est en 1785 que la ville de Paris décide d'acquérir les terrains situées au dessus des anciennes carrières de la Tombe d'Issoire à l'extérieur de la ville pour y transférer les ossements du cimetière des Saints Innocents situé dans le quartier des Halles. L'ossuaire municipal est consacré le 7 avril 1786 et prend l'appellation de "Catacombes". Elles deviendront le plus grand ossuaire souterrain du monde avec plus de 6 millions de squelettes provenant de différents cimetières parisiens. L'aménagement des Catacombes est du en grande partie à Héricart de Thury, inspecteur des carrières de 1810 à 1814. 

La coupe géologique de référence du Lutétien inférieur

Aménagement de l'ossuaire par Héricart de Thury

Les limites de la ville sont ensuite largement étendues avec la mise en place de l'enceinte fortifiée de Thiers en 1841, actuel emplacement des boulevards des maréchaux.

A l'intérieur sera réalisée la construction de la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture (1854-1869) tout d'abord pour desservir les forts et transporter les troupes, ensuite pour le trafic voyageurs. A terme elle fera le tour complet de Paris (33km) et sera desservie par 29 stations dont une au parc Montsouris où la ligne est encore visible en profondeur dans le parc côté rue Gazan.

Reste de la ligne de Petite Ceinture à voie unique dans le Parc Montsouris, la ligne a permis de transporter 39 millions de voyageurs en 1900 . Le service voyageurs a été interrompu en 1934.

Nous quittons la place Denfert-Rochereau par l'avenue René Coty

En chemin, devant l'hôpital La Rochefoucauld, un vestige de l'aqueduc Médicis est visible. Il s'agit du regard de Saux n°25. Le projet de construction de cet aqueduc en revient à Henri IV et son ministre Sully, l'alimentation en eau des parisiens se révélant insuffisante et de mauvaise qualité.  Marie de Médicis femme d'Henri IV en reprend l'initiative lorsqu'elle devient régente. La construction débute en 1613 et se termine en 1623.

                       Le groupe sur l'avenue René Coty en face du regard 25 de l'aqueduc Médicis

Le tracé de l'aqueduc Médicis reprend sensiblement le tracé de l'aqueduc romain construit au 2° siècle. Il part des sources de Rungis et parcourt 13km jusqu'à la Maison du Fontainier (regard 27) située avenue de l'Observatoire. Le départ est à la cote NGF 75 et se termine à la cote 57. La distribution de l'eau était prévu d'abord pour alimenter le Palais du Luxembourg  et ses jardins que se faisait construire Marie de Médicis, ensuite pour les communautés religieuses et enfin pour diverses fontaines dans Paris rive gauche (la fontaine du Pot de Fer, rue Mouffetard date de 1624).

Nous poursuivons notre chemin vers le Parc Montsouris. Un arrêt au niveau de la rue d'Alésia permet d'observer le calcaire grossier avec ses fossiles de Cérithes (gastéropodes marins) parfois très abondants.

Un mur de meulière caverneuse permet de discuter de l'origine de cette roche très utilisée à Paris. Elle provient des plateaux de Brie et de Beauce. Au départ c'était un calcaire lacustre dans lequel le carbonate de calcium primitif a été remplacé plus tard par de la silice, ce qui en fait une roche beaucoup plus résistante à l'érosion que le calcaire d'où son utilisation pour les réseaux d'égouts à Paris par Eugène Belgrand.

L'aqueduc Médicis en calcaire lutétien surmonté par l'aqueduc de la Vanne construit en meulière par Belgrand au niveau de la traversée de la vallée de la Bièvre à la limite de Cachan et d'Arcueil; les vestiges de l'aqueduc romain sont encore visible derrière la maison. 

L'escalier qui monte à la rue des Artistes est en granite gris de Vire. Il contient de multiples enclaves sombres. Les pierres d'angle sont en calcaire d'Euville, le muret en calcaire lutétien de l'Oise. 

Montée de l'escalier en granite vers la rue des Artistes (photo Michel Diamantis)

Le point d'arrêt suivant correspond au Réservoir de Montsouris construit de 1868 à 1874 par Eugène Belgrand et alimenté à l'origine par l'aqueduc de la Vanne construit de 1859 à 1874 et provenant de sources situées dans la région de Sens. Cet énorme réservoir contient 203000m3 d'eau potable et a été construit sur d'anciennes carrières de calcaire grossier consolidées par 1700 piliers maçonnés. 

Un des lanternons du réservoir de Montsouris à partir duquel l'eau était répartie dans les compartiments du réservoir. On reconnaît la meulière sur les murs à son ton ocre et ses moellons irréguliers.

Nous arrivons ensuite au Parc Montsouris par l'entrée située dans l'enfilade de l'avenue René Coty. 

A l'entrée, le groupe se rassemble au pied de la colonne de la Paix Armée de Jules Coutan (1887) sur sa colonne en granite.

Autour de la colonne en granite portant la sculpture de la Paix Armée de Jules Coutan (1887) le groupe se rassemble au milieu des couleurs d'automne pour écouter l'histoire du Parc Montsouris (photo Michel Diamantis)

Présentation du Parc Montsouris réalisé selon le souhait de Napoléon III durant la période Haussmannienne par Alphand, Davioud, Barillet-Deschamps et Belgrand de 1867 à 1878. Le parc de 15 ha a été réalisé sur d'anciennes carrières de calcaire grossier au-dessus de la ligne de Petite Ceinture et autour de l'ancienne ligne de Sceaux; cette dernière était d'abord en surface puis en tranchée à partir de 1930 et depuis 1977 elle a été reliée au RER B.

La station Cité Universitaire du RER B bien intégrée dans le parc Montsouris

Pour l'exposition universelle de 1867 a été construit pour la Tunisie le pavillon Bardo qui a fonctionné ensuite en observatoire météo à partir de 1872. Les relevés météo de Paris-Montsouris sont ainsi en continu depuis 1872 à aujourd'hui. Une tour de relevé (vitesse du vent) a été construite en 1947 pour compléter le dispositif.  La construction d'un bâtiment moderne "hideux" a ensuite été construit pour Météo-France en 1973 dans la partie supérieure du parc pour remplacer le Palais Bardo en mauvais état; ce dernier  a disparu dans un incendie en 1991.

Appareillage de Météo-France toujours fonctionnel pour les différents relevés climatologique dans le Parc Montsouris

A l'entrée Sud-Ouest du parc, un bâtiment aujourd'hui occupé par l'Association Française d'Astronomie a été construit par Davioud et occupé par l'observatoire de la Marine et le bureau des longitudes mis en place en 1875 par l'Amiral Mouchez. 

Enfin nous observons pour finir la Mire de l'Observatoire, petit monument percé d'un oculus au sommet réalisé sous Napoléon I° et qui marque le méridien de Paris au sud, il en existe une autre au nord sur la butte Montmartre.

Mire de l'observatoire réalisée en 1906 d'abord placé à l'observatoire de Paris puis déplacée ici pour indiquer le méridien de Paris

Il est 13h30 et c'est au pied de cette mire que se termine notre excursion car l'heure tourne et pour un certain nombre d'entre nous un restaurant proche nous attend.

Le guide au pied de la Mire de l'Observatoire près du boulevard Jourdan et de la Cité Universitaire met fin à la visite (photo Nelly)

Un groupe de 16 participants se retrouve ensuite au restaurant le Bistro 32 sur le boulevard Jourdan où nous sommes bien reçu malgré l'heure tardive pour un bon déjeuner qui se prolongera jusqu'à 16h....

Après le repas un petit groupe entreprend de faire le tour du Parc Montsouris en descendant vers le lac par le chemin de la Petite Ceinture.  Un dernier arrêt est effectué avenue Reille où une petite exposition sur l'histoire de l'aqueduc Médicis montre une reconstitution en coupe et grandeur nature de l'aqueduc Médicis.

 Le groupe dans le parc Montsouris (photo Marie)

Le lac de 1ha est construit sur des carrières souterraines de calcaire grossier et est alimenté directement par une cascade alimentée à l'origine par l'aqueduc de la Vanne

Une vue du parc depuis le belvédère offrant une vue sur le lac

 

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